Vidala

Mention photographe : © François Rosenstiel

Mention photographe : © stefanrodgall

Séverine Soulaÿrès, Christophe Jacques et Myriam Essayan, compagnons de route au sein du trio Soulaÿrès, se réunissent en 2013 autour de leur attachement commun pour la musique sud américaine, ses poètes et cette “Nueva Cancion” dont ils découvrent chaque jour de nouveaux trésors, poursuivant ainsi depuis la France ce travail de collectage, de  transformation et de transmission comme le firent Violeta Parra et tant d’autres en Amérique Latine. VIDALA  s’inspire donc de ces chants populaires issus du folklore sud américain et de cette “Nueva Cancion’ d’Amérique Latine, tirant son nom d’une forme musicale et poétique issue du folklore argentin, qui chante les grands espaces andins et l’intime des êtres qui les occupent.

 

Avec les grands auteurs de la Nueva Canción, la poésie andine et la musique traditionnelle sud-américaine, musique du peuple, se mêle alors à la critique sociale. Les mots dévoilent la beauté aride des paysages mais aussi les vies rudes et précaires des indiens, ouvriers, mineurs, paysans et descendants d’esclaves d’Amérique Latine.

 

Leur répertoire est de fait composé de morceaux d'auteurs et poètes tels que Atahualpa Yupanqui, Violeta Parra, ou Víctor Jara, très reconnus dans leurs pays respectifs et dans le monde comme représentants de leurs cultures et comme témoins de l'histoire des travailleurs (comme les mineurs en Bolivie/Chili, ou les ouvriers et paysans d'Argentine et du Pérou… Chacune des pièces de leur répertoire transmet un message, que ce soit de l'espoir ou des désillusions, raconte ce à quoi se raccroche un être humain quand le travail l'anéantit et constitue l'occupation unique de sa  vie. Hommage aux opprimés qui sont à la fois si proches de la nature par leur travail mais qui malheureusement, par des manipulations politiques et économiques, en deviennent esclaves.

 

Depuis la sortie en 2015 de leur 1er album au nom éponyme de “Vidala”, le trio a connu plus de 100 représentations en France et en Suisse, dans les grands théâtres et festivals comme dans les liens plus intimes des médiathèques, des musées, des amphithéâtres d’établissement scolaires et autres espaces où la musique, cette musique, peut prendre sens, auprès du public. Les musiciens du trio VIDALA ont été par ailleurs associés à la création “Heridas” de la Cie Libertango proposée par la chorégraphe et danseuse argentine Sol Buffet-Casals dont la première a vu le jour en avril 2018 au Sémaphore d’Irigny.

L'année 2020 s'annonce riche en événements, à commencer par l'arrivée aux percussions et aux choeurs de Raphaèle Frey-Maibach en remplacement de Myriam Essayan partie cultiver d'autres jardins merveilleux loin de la musique. Cette année est également l'opportunité d'associer à l'aventure du trio un 4ème élément ayant déjà fait son apparition au sein de Vidala, en la personne du percussionniste Baptiste Romano que l'on retrouvera sur scène à quelques grandes occasions. 

 

C'est enfin un 2ème album et un nouveau spectacle qui verront le jour à l'automne 2020 avec la complicité de l'enseignante et chercheuse d'origine cubaine Sandra Hernandez et de la metteuse en scène Cécile Jacquemont, directrice de l'Auditorium de Villefranche-sur-Saône, puisant dans ce magnifique répertoire si actuel au regard de ce qu’il se passe en Amérique du Sud.

 

Pour ces nouvelles créations, c’est à travers le prisme des voix et des voies des femmes de la "Nueva Cancion" que le groupe décide d'explorer ce magnifique répertoire si actuel au regard de ce qu’il se passe en Amérique du Sud comme ailleurs... « Voies de femmes », car lorsqu’on se penche sur les acteurs du mouvement, on constate le rôle majeur que ces les femmes ont joué.  Elles ont ainsi largement contribué à cette révolution culturelle et politique de manière très active, soit en tant qu’auteures (Violeta Parra, Soledad Bravo, Susana Baca...), soit en tant qu’interprètes (Mercedes Sosa..), soit en tant qu’écrivaines (Alfonsina Storni, Chavala Vargas). Elles sont également source d’inspiration pour les auteurs masculins phares de la Nueva Cancion en tant que mères, militantes, travailleuses exploitées (Maria Lando, les Folles de la Place de Mai, ) ou par leur force, leur beauté et l’amour qu’elles inspirent, qui portent et transportent  (Julio Cortazar).

 

Résistances, fraternité, égalité, solidarité volupté, unité… Musica

Vidala, milonga, chacarera, rasguido, zamba, et tant d’autres rythmes de cœur, tant de couleurs qui nous ramènent à notre mère la terre, à nos sœurs et frères, bien au-delà de nos frontières imaginaires.