ALFONSINA Y EL MAR / Alfonsina et la mer

Félix Luna  / musique : Ariel Ramírez (Argentine)

Sur le sable doux que lèche la mer 
Sa petite empreinte ne revient plus 
Et un chemin seul de peine et de silence est arrivé

Jusqu’à l’eau profonde 
Et un chemin seul de peines pures est arrivé 
Jusqu'à l'écume


Dieu sait quelle angoisse t'a accompagnée 
Quelles vieilles douleurs se sont tues avec ta voix
Pour t'allonger, bercée par le chant
Des conques marines 
La chanson que chante dans les profondeurs obscures de la mer 

La conque 
 

[Refrain] 


Tu t'en vas Alfonsina avec ta solitude 
Quels poèmes nouveaux es-tu allée chercher ? 

Et une ancienne voix de vent et de sel 
Courtise ton âme 
Et l'appelle 
Et tu t'en vas vers l'au delà comme dans un rêve

Alfonsina endormie, vêtue de mer


Cinq petites sirènes t'emporteront 

Par les chemins d'algues et de corail 
Et des hippocampes phosphorescents feront 

 

Une ronde à tes cotés. 
Et les habitants de la mer vont jouer bientôt à tes cotés.


Baisse la lumière un peu plus 
Laisse moi dormir, reposer en paix 
Et s'il appelle, ne lui dis pas que je suis là
Dis-lui qu’ Alfonsina ne reviendra pas 
Et s'il appelle, ne lui dis jamais que je suis là
Dis que je suis partie.

LOS HERMANOS / Les frères

Atahualpa Yupanqui / Pablo del Cerro (Argentine)

J'ai tant de frères 
Que je ne peux les compter.
Dans la vallée, dans la montagne, 
Sur la plaine et sur les mers.


Chacun avec ses peines 
Avec ses rêves chacun.
Avec l'espoir devant,
Et derrière les souvenirs.

J'ai tant de frères 
Que je ne peux les compter.
Des mains chaleureuses
De leur amitié,
Avec une complainte pour pleurer

Avec une prière pour prier.
 

Avec un horizon ouvert
Qui est toujours plus loin
Et cette force pour le chercher
Avec obstination et volonté́.

 

Quand il semble au plus près 
C'est alors qu'il s'eĺoigne le plus 
J'ai tant de frères 
Que je ne peux les compter.


Et ainsi nous allons toujours 
Empreints de solitude 
Nous nous perdons par le monde
Nous nous retrouvons toujours.


Et ainsi nous nous reconnaissons
Le même regard lointain,
Et les refrains que nous mordons,
Semences d'immensité.


J'ai tant de frères 
Que je ne peux les compter,
Et une sœur si belle 
Qui s'appelle Liberté ! 

EL PAYANDE

José Vicente Holguin (Colombie) / Luis Eugenico Albertini (Pérou)

Je suis née sur une page de Magdalena
A l'ombre d'un payande
Comme ma mère était noire et esclave 
Moi aussi, j’en ai porté la marque.

 

Ah ! Maudit destin 
Que de porter des chaînes et être l’esclave
Et être l’esclave d'un homme vil. 

 

Tous les matins, au lever du jour
Je vais au champ avec ma pioche,
Je mange des bananes séchées,
Et j'abreuve la terre de ma sueur,

 

Ah ! Maudit destin, 
Que de porter des chaînes et être l’esclave 
Et être l’esclave d'un homme vil.

 

Si je pouvais, j’attraperais ma lance,
Et me vengerais de mon maître,
Avec plaisir je mettrais le feu à sa maison
Et lui arracherais le coeur,

 

Ah ! Maudit destin,
Que de porter des chaînes et être l’esclave 
Et être l’esclave d'un homme vil.

VIDALA PARA MI SOMBRA / Vidala pour mon ombre

Julio Santos Espinosa (Argentine)

 

Parfois je poursuis mon ombre
Parfois elle me suit.
Pauvre d’elle si je meurs
Avec qui va-t-elle marcher ?

 

Ce n’est pas que mon vin se renverse,
Je le fais bien à dessein
Mon ombre boit et la vie
Est à nous deux.


Aplatie et silencieuse
Où pourras-tu trouver,
Une autre ombre compagne
Qui partage tes souffrances.


Petite ombre, garde-moi bien
Tout ce que je laisserai,
Quand m’imprègnera jusqu’à l’intérieur de moi-même
L’obscurité.


Parfois je poursuis mon ombre,
Parfois elle me suit 
Pauvre d’elle si je meurs 
Avec qui va-t-elle continuer ? 

GRACIAS A LA VIDA / Merci à la vie

Violeta Parra (Chili) 

Merci à la vie 
Qui m'a tant donné
Elle m'a donné deux étoiles
Que quand je les ouvre
Je distingue parfaitement
Le noir du blanc
Et dans le ciel haut son fond étoilé 
Et parmi la multitude
L'homme que j'aime.


Merci à la vie 
Qui m'a tant donné
Elle m'a donné le son 
Et l'alphabet 
Avec lui les mots 
Que je pense et prononce
''Mère, ami, frère''
Et la lumière qui éclaire le chemin de l'âme de celui que j'aime.

 

Merci à la vie 
Qui m'a tant donné
Elle m'a donné l'ouïe
Qui dans toute son amplitude
Enregistre nuit et jour 
Criquets et canaris 
Marteaux, turbines, aboiements, averses 
Et la voix si douce de mon bien-aimé. 


Merci à la vie 
Qui m'a tant donné
Elle m'a donné la marche 
De mes pieds fatigués
Avec eux j'ai parcouru
Villes et flaques d'eau
Plages et déserts, montagnes et plaines

Et ta maison, ta rue et ta cour.


Merci à la vie 
Qui m'a tant donné
Elle m'a donné le rire
Et m’a donné les pleurs
Ainsi je distingue 
Bonheur et déchirement
Les deux matériaux qui composent mon chant 
Votre chant qui est aussi mon propre chant 
Merci à la vie qui m'a tant donné !

TE RECUERDO AMANDA / Souviens-toi Amanda

Víctor Jara (Chili) 

Souviens-toi, Amanda, 
La rue mouillée, 
Et toi, courant à la fabrique 
Où travaillait Manuel. 

 

Ton grand sourire,
La pluie dans les cheveux,
Rien n’avait d’importance
Tu allais le retrouver
Lui, lui, lui, lui.

 

Ce sont cinq minutes, 
La vie est éternelle
En cinq minutes. 

 

La sirène retentit
De retour au travail

Et toi, en marchant,

Tu illumines tout

Ces cinq minutes

 Te font fleurir.

 

La rue mouillée,

​Et toi, courant à la fabrique, 
Où travaillait Manuel.

 

Ton grand sourire

La pluie dans les cheveux,
Rien n’avait d’importance
Tu allais le retrouver
Lui, lui, lui, lui. 

 

Qui est parti à la sierra
Qui jamais n’a fait de mal, 
Qui  est parti à la sierra

 

Et en cinq minutes
Fut mis en pièces. 
La sirène retentit
De retour au travail, 
Beaucoup ne sont pas revenus, 
Et Manuel non plus. 

MANIFIESTO / Manifeste

Víctor JARA (Chili)

Je ne chante pas pour chanter
Ou pour avoir une belle voix
Je chante parce que la guitare
A raison et fait sens.

 

Elle a un cœur de terrestre
Et des ailes de colombe,
Elle est comme l'eau bénite,
Elle signe les gloires et les peines.

 

Ici s'est mis mon chant,
Comme dirait Violeta,
Guitare ouvrière
Au parfum du printemps.
Ce n'est pas une guitare de riches 
Et elle ne paye pas de mine.
Mon chant est comme un tremplin

Pour atteindre les étoiles,
 

Car le chant fait sens
Lorsqu'il palpite dans les veines
De celui qui mourra en chantant
Les vraies vérités.

 

Non pas les flatteries fugaces
Ni les célébrités étrangères

Mais le chant d'un marché

Jusqu'au fond de la terre.
 

Là où tout arrive
Et où tout commence,
Le chant du courage
Sera éternellement de la Nueva Canción.

PUNAY

Atahualpa Yupanqui (Argentine)

Punay ! Punay !
Rends-la moi, rends-la moi 
Ma petite bergère égarée !
Petite bergère de la Puna
Perdue dans la nuit méchante
Ma voix dans le vent te cherche
Et dans la Puna te réclame

Devrais-je la vie durant
vent et terre avaler,
Petite bergère de la Puna
Je te retrouverai.

 

Punay ! Punay !
Rends-la moi, rends-la moi 
Ma petite bergère égarée !

DOS  GARDENIAS / Deux Gardénias

Isolina Carrillo (Cuba)

Voici deux gardénias,
pour te dire
Que je t'aime, que je t'adore, ma vie
Prends-en bien soin
Car ils seront ton cœur et le mien. 

 

Voici deux gardénias
Qui auront toute la chaleur d’un baiser.
Comme un de ces baisers que je t'ai donnés 
Et que tu ne trouveras jamais
Dans les bras d'un autre amant.
A tes côtés ils vivront 
t te parleront
Comme quand tu es avec moi.
Et tu croiras même qu'ils te disent je t'aime 
Je t'aime.

A DESALAMBRAR / Abaissons les barbelés

Daniel Viglietti (Uuruguay)

Je demande à ceux ici présents
​S’ils n’y ont jamais songé
Que cette terre est la nôtre
Et pas celle de celui qui possède tout.


 

Je demande si sur cette terre
Personne n’aurais jamais songé
Que si ces mains sont les nôtres
Alors ce qu’elles nous donnent est à nous. 

 

Abaissons les barbelés !
La terre nous appartient,
Elle est à toi et à lui,
A Pierre et Marie, à Jean et à Joseph.

 

Si ma chanson dérange
Celui qui ne veut pas l'écouter
Je peux vous assurer que c’est un gringo
Ou un propriétaire de ce pays

 

Abaissons les barbelés !
La terre nous appartient,
Elle est à toi et à lui
A Pierre et Marie, à Jean et à Joseph. 

LLEGÓ CON TRES HERIDAS / Arrivé avec trois blessures

Miguel Hernández - Joan Manuel Serrat (Espagne)

Arrivé avec trois blessures :
Celle de l’amour,
Celle de la mort,
Celle de la vie.


Vient avec trois blessures :
Celle de la vie,

​Celle de l’amour,
Celle de la mort.


Moi avec trois blessures :
elle de la vie,
Celle de la mort,
Celle de l’amour.

DE COLORES / En couleurs

Traditionnel mexicain 

De couleurs
Se drapent les champs aux printemps
De couleurs
Sont les petits oiseaux qui s’approchent
De toutes les couleurs
Est l’arc-en-ciel que nous voyons briller


Le coq fait cocorico
a poule caquette
La poule
Caquette
Les poussins
Pépient

Des couleurs
Lumineuses et délicates forment l’aurore
Colorés 
Colorés sont les mille reflets du soleil

Colorés
Sont les éclats du diamant

C’est pour ça que les grandes amours
je les aime de toutes les couleurs

COMO UN PÁJARO LIBRE / Comme un oiseau libre

Adela Gleijer / Diana Reches (Uruguay)

 

Comme un oiseau libre en plein vol,
Comme un oiseau libre, je t’aime ainsi. 


Neuf mois durant tu as grandi dans mon ventre
Et tu continues de grandir et de découvrir

De découvrir et d’apprendre à devenir un homme
Cada minuto tuyo lo vivo y muero


Chaque minute de ta vie, je les vis et je meurs
Quand tu n’es pas là mon fils, combien je t’attends
Etant donné que la peur, tel un vers, me ronge et me dévore
Dès que j’ouvre le journal, je cherche ton nom


Je me meurs tous les jours mais je veux te dire ceci
u n’as pas besoin de courir ta vie comme un mendiant
Tu détiens le monde, tu dois le changer
Le chemin est de moins en moins long

EL POETA / Le poète

Atahualpa Yupanqui (Argentine)

Toi tu te crois différent
Parce qu’on t’appelle poète

Et que tu as un monde bien à part 
Par-delà les étoiles

 

A force de regarder la lune
Tu ne vois plus rien
Tu es pareil au pauvre aveugle
Qui ne sait pas où il va

 

Va-t-en regarder les mineurs
Les hommes dans les champs de blé
Et chante pour ceux qui luttent
Pour un morceau de pain.

 

Poète aux aimables rimes
Va-t-en vivre dans la jungle
Et tu en apprendras beaucoup
du bûcheron et de ses misères

 

Vis avec le peuple
Ne le regarde pas depuis l’extérieur
D’abord il y a l’humain
Et seulement ensuite un poète

DUERME NEGRITO / Dors, petit enfant noir

Chanson populaire d’Amérique Latine - Auteur Anonyme

Dors, dors, petit enfant noir,
Pendant que maman est aux champs
Petit enfant noir.
Dors, dors, petit enfant noir,
Pendant que maman est aux champs Negrito.

Petit enfant noir.

Elle apportera des cailles pour toi,

Tlle apportera des fruits savoureux pour toi, 
Elle apportera de la viande de porc pour toi, 
Elle apportera beaucoup de choses pour toi. 
Et si le petit noir ne s'endort pas
Viendra le diable blanc
Et clac !
Il mangera ta petite patte.
Chacapumba ( x6)
Chacapumba ( x6)

 

Dors, dors, petit enfant noir,
Pendant que maman est aux champs Negrito.

Petit enfant noir. 


Elle travaille, elle travaille dur, 
Elle travaille oh oui,
Elle travaille, habillée de deuil,
Elle travaille oh oui,
Elle travaille et elle tousse,
Elle travaille oh oui,
Elle travaille et n’est pas payée
Elle travaille oh oui, 


Pour l'enfant noir tout petit
Elle travaille oh oui,
Habillée de deuil oh oui,
En toussant oh oui,
Sans être payée oh oui,
Très  dur, oh oui, 


Dors, dors, petit enfant noir,
Pendant que maman est aux champs Negrito(x3).
Petit enfant noir. (x3)

ALFONSINA Y EL MAR / Alfonsina et la mer
Félix Luna  / musique : Ariel Ramírez (Argentine)

 

Por la blanda arena que lame el mar 
Su pequeña huella no vuelve más 
Y un sendero solo de pena y silencio llegó 
Hasta el agua profunda 
Y un sendero solo de penas mudas llegó 
Hasta la espuma


Sabe Dios que angustia te acompañó 
Qué dolores viejos calló tu voz 
Para recostarte arrullada en el canto 
De las caracolas marinas 
La canción que canta en el fondo oscuro del mar 
La caracola 

 

[Coro] 

Te vas Alfonsina con tu soledad 
¿qué poemas nuevos fuiste a buscar ? 
Y una voz antigua de viento y de sal 
Te requiebra el alma 
Y la está llamando 
Y te vas, hacia allá como en sueños, 
 Alfonsina, vestida de mar. 


Cinco sirenitas te llevarán 

Por caminos de algas y de coral 
Y fosforescentes caballos marinos harán 

 

Una ronda a tu lado. 
Y los habitantes del agua van a jugar pronto a tu lado. 


Baj́ame la lámpara un poco más 
Dej́ame que duerma, nodriza en paz 
Y si llama eĺ no le digas que estoy, 
Dile que Alfonsina no vuelve. 
Y si llama eĺ no le digas nunca que estoy, 
Di que me he ido.

 

LOS HERMANOS / Les frères
Atahualpa Yupanqui / Pablo del Cerro (Argentine)

 

Yo tengo tantos hermanos 
que no los puedo contar. 
En el valle, en la montaña, 
en la pampa y en el mar.


Cada cual con sus trabajos, 
con sus sueños, cada cual. 
Con la esperanza delante, 
Con los recuerdos detrás. 


Yo tengo tantos hermanos 
Que no los puedo contar. 
Gente de mano caliente 
Por eso de la amistad, 
Con uno lloro, pa' llorarlo, 
Con un rezo pa' rezar.

 

Con un horizonte abierto 
Que siempre está más allá. 
Y esa fuerza par buscarlo 
Con tesón y voluntad.


Cuando parece más cerca 
Es cuando se aleja más. 
Yo tengo tantos hermanos 
Que no los puedo contar.


Y así seguimos andando 
Curtidos de soledad. 
Nos perdemos por el mundo, 
nos volvemos a encontrar. 


Y así nos reconocemos 
Por el lejano mirar, 
Por las coplas que mordemos, 
Semillas de inmensidad. 


Yo tengo tantos hermanos 
Que no los puedo contar, 
Y una hermana muy hermosa 
Que se llama ¡ Libertad !

EL PAYANDE 
José Vicente Holguin (Colombie) / Luis Eugenico Albertini (Pérou)

 

Nací en la playa de Magdalena 
Bajo la sombra de un payande
Como mi madre fue negra esclava

ambién la marca yo la llevé

 

Ay, suerte maldita, 
Llevar cadenas y ser esclava
Y ser esclava, de un vil señor

 

Por las mañanas, cuando amanece
Me voy al campo, con mi azadón, 
Como atasajo plátano asado, 
Riego la tierra con mi sudor, 

 

Ay, suerte maldita, 
Levar cadenas y ser esclava
Y ser esclava, de un vil señor

 

Si yo pudiera coger mi lanza, 
Vengarme airada de mi señor, 
Con gusto viera yo arder su casa 
Y le arrancara el corazón, 

 

Ay, suerte maldita, 
Llevar cadenas y ser esclava
Y ser esclava, de un vil señor

 

 

 

VIDALA PARA MI SOMBRA / Vidala pour mon ombre

Julio Santos Espinosa (Argentine)

 

A veces sigo a mi sombra, 
A veces viene detrás,
pobrecita si me muero
Con quién va a andar ?

 

No es que se vuelque mi vino, 
Lo derramo de intención

Mi sombra bebe y la vida
Es de los dos.

 

Achatadita y callada
Dónde podrás encontrar,
una sombra compañera
Que sufra igual.

 

Sombrita cuídame mucho
Lo que tenga que dejar,
Cuando me moje hasta adentro
La oscuridad.

 

A veces sigo a mi sombra, 
A veces viene detrás,
Pobrecita si me muero
Con quién va a andar ?

 

 

 

GRACIAS A LA VIDA / Merci à la vie
Violeta Parra (Chili) 

Gracias a la vida 
Que me ha dado tanto
Me dio dos luceros
Que cuando los abro
Perfecto distingo
Lo negro del blanco
Y en el alto cielo su fondo estrellado

Y en las multitudes 
El hombre que yo amo. 

 

Gracias a la vida 

Que me ha dado tanto
Me ha dado el sonido
Y el abecedario
Con eĺ las palabras 
Que pienso y declaro
"Madre, amigo, hermano" 
Y luz alumbrando la ruta del alma del que estoy amando.

 

Gracias a la vida 
Que me ha dado tanto
Me ha dado el oído
Que en todo su ancho
Graba noche y día
Grillos y canarios
Martillos, turbinas, ladridos, chubascos
Y la voz tan tierna de mi bien amado. 

 

Gracias a la vida 
Que me ha dado tanto
Me ha dado la marcha 
De mis pies cansados
Con ellos anduve
Ciudades y charcos
Playas y desiertos, montañas y llanos 
Y la casa tuya, tu calle y tu patio. 

 

Gracias a la vida 
Que me ha dado tanto
Me ha dado la risa
Y me ha dado el llanto
Así yo distingo
Dicha de quebranto
Los dos materiales que forman mi canto 
El canto de ustedes que es mi propio canto 
Gracias a la vida que me ha dado tanto ! 

 

 

 

TE RECUERDO AMANDA / Souviens-toi Amanda
Víctor Jara (Chili) 

 

Te recuerdo Amanda 
La calle mojada
corriendo a la fábrica
Donde trabajaba Manuel. 

 

La sonrisa ancha
La lluvia en el pelo,
No importaba nada 
Ibas a encontrarte con eĺ
Con eĺ, con eĺ, con eĺ

 

Son cinco minutos,
La vida es eterna
En cinco minutos.

 

Suena la sirena

De vuelta al trabajo
Y tú caminando,
Lo iluminas todo

Los cinco minutos 

Te hacen florecer.

 

La calle mojada,

corriendo a la fábrica,

Donde trabajaba Manuel. 

 

La sonrisa ancha

la lluvia en el pelo,
No importaba nada 
Ibas a encontrarte con eĺ
Con eĺ, con eĺ, con eĺ.

 

Que partió a la sierra 
Que nunca hizo daño,
Que partió a la sierra 

 

Y en cinco minutos
Quedó destrozado.
Suena la sirena
De vuelta al trabajo,
Muchos no volvieron,
Tampoco Manuel. 

 

 

 

MANIFIESTO / Manifeste
Víctor JARA (Chili)

Yo no canto por cantar
Ni por tener buena voz,
Canto porque la guitarra
Tiene sentido y razón.

 

Tiene corazón de tierra
Y alas de palomita,
Es como el agua bendita,
Santigua glorias y penas.

 

Aquí se encajó mi canto,

Como dijera Violeta,
Guitarra trabajadora
Con olor a primavera.
Que no es guitarra de ricos
Ni cosa que se parezca.
Mi canto es de los andamios

Para alcanzar las estrellas,

 

Que el canto tiene sentido
Cuando palpita en las venas

Del que morirá cantando
Las verdades verdaderas,

 

No las lisonjas fugaces
Ni las famas extranjeras

Sino el canto de una lonja

Hasta el fondo de la tierra.

 

Ahí donde llega todo
Y donde todo comienza,
canto que ha sido valiente
Siempre será canción nueva.

PUNAY 
Atahualpa Yupanqui (Argentine)

 

¡ Punay ! ¡ Punay !  
¡ Devuélveme, devuélveme,
Mi pastorcita perdida !
Pastorcita de la Puna, 
Te extraviaste en noche mala, 
Mi voz te busca en el viento 
Y en la Puna te reclama. 
Aunque tenga en esta vida, 

Que viento y tierra tragar, 
Pastorcita de la Puna, 
Ti de encontrar. 


¡ Punay ! ¡ Punay ! 
¡ Devuélveme, devuélveme,
Mi pastorcita perdida!

 

 

 

DOS  GARDENIAS / Deux Gardénias

Isolina Carrillo (Cuba)

 

Dos gardenias para ti,
Con ellas quiero decir
Te quiero, te adoro, mi vida.
Ponles toda tu atención
Que serán tu corazón y el mío.

 

Dos gardenias para ti
Que tendrán todo el calor de un beso.
De estos besos que te di
Y que jamás encontrarás
En el calor de otro querer.
A tu lado vivirán
Y te hablarán
Como cuando estás conmigo.
 hasta creerás que te dirán

Te quiero.

 

 

 

A DESALAMBRAR / Abaissons les barbelés

Daniel Viglietti (Uuruguay)

 

Yo pregunto a los presentes
Si no se han puesto a pensar
Sue esta tierra es de nosotros
Y no del que tenga más.

 

Yo pregunto si en la tierra
Nunca habrá pensado usted
Que si las manos son nuestras
Es nuestro lo que nos den.

 

¡ A desalambrar, a desalambrar !
que la tierra es nuestra,
Es tuya y de aquel,
De Pedro y María, de Juan y José

 

Si molesto con mi canto
A alguien que no quiera oir
Le aseguro que es un gringo
O un dueño de este país.


¡ A desalambrar, a desalambrar!
Que la tierra es nuestra,
Es tuya y de aquel,
De Pedro y María, de Juan y José

LLEGÓ CON TRES HERIDAS / Arrivé avec trois blessures

Miguel Hernández - Joan Manuel Serrat (Espagne)

 

Llegó con tres heridas :
La del amor,
La de la muerte,
La de la vida.


Con tres heridas viene :
La de la vida,
La del amor,
La de la muerte.


Con tres heridas yo :
La de la vida,
La de la muerte,
La del amor.

 

 

 

DE COLORES / En couleurs
Traditionnel mexicain 

 

De colores, de colores 
Se visten los campos en la primavera
De colores, de colores 
Son los pajaritos que vienen de afuera
De colores, de colores 
Es el arco iris que vemos lucir

 

Canta el gallo, canta el gallo
Con el quiri quiri quiri quiri quiri
La gallina, la gallina 
Con el cara cara cara cara cara
Los polluelos, los polluelos
Con el pío pío pío pío pío pí

 

De colores, de colores 
Brillantes y finos se viste la aurora

De colores, de colores
Son los mil reflejos que el sol atesora

De colores, de colores 
Se viste el diamante que vemos lucir

 

Y por eso los grandes amores 

de muchos colores me gustan a mí

 

 

 

COMO UN PÁJARO LIBRE / Comme un oiseau libre
Adela Gleijer / Diana Reches (Uruguay)

 

Como un pájaro libre de libre vuelo,
Como un pájaro libre así te quiero.


Nueve meses te tuve creciendo dentro
Y aún sigues creciendo y descubriendo

Descubriendo, aprendiendo a ser un hombre
No hay nada de la vida que no te asombre


Cada minuto tuyo lo vivo y muero
Cuando no estás mi hijo cómo te espero
Pues el miedo, un gusano, me roe y come
Apenas abro un diario busco tu nombre


Muero todos los días, pero te digo
No hay que andar tras la vida como un mendigo
El mundo está en ti mismo, debes cambiarlo
Cada vez el camino es menos largo

 

 

 

EL POETA / Le poète
Atahualpa Yupanqui (Argentine)

Tú piensas que eres distinto
Porque te dicen poeta
Y tienes un mundo aparté
Más allá de las estrellas

 

De tanto mirar la luna

Ya nada sabes mirar
Eres como un pobre ciego
Que no sabe a dónde va

 

Vete a mirar los mineros
Los hombres en el trigal
Y cántale a los que luchan
Por un pedazo de pan

 

Poeta de tiernas rimas
Véte a vivir a la selva
Y aprenderás muchas cosas
Del hachero y sus miserias

 

Vive junto con el pueblo
No lo mires desde afuera
Que lo primero es el hombre
Y lo segundo, poeta

DUERME NEGRITO / Dors, petit enfant noir
Chanson populaire d’Amérique Latine - Auteur Anonyme

Duerme, duerme, negrito,
Que tu mama está en el campo

Negrito.
Duerme, duerme, negrito,
Que tu mama está en el campo,

Negrito.



Te va a traer codornices para ti, 

Te va a traer rica fruta para ti,
Te va a traer carne de cerdo para ti,
Te va a traer mucha cosa para ti.
Y si negro no se duerme
Viene diablo blanco
Y ¡ zas !

Le come la patita.

Chacapumba ( x6)
Chacapumba ( x6)

 

Duerme, duerme, negrito,
Que tu mama está en el campo,

Negrito.



Trabajando, trabajando duramente,
Trabajando sí,
Trabajando y va de luto,
Trabajando sí, 
Trabajando y va tosiendo,
Trabajando sí,
Trabajando y no le pagan,
Trabajando sí,


Pa'l negrito chiquitito,
Trabajando sí,
Va de luto sí,
Va tosiendo sí,
No le pagan sí,
Duramente sí.

Duerme, duerme, negrito,
Que tu mama está en el campo,
Negrito(x3).
 

Mention photographe : © monikawl999